Ève Lomé

Journal extime

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

Se faire la malle

En ces temps où Louis Vuitton, François Goyard, Madame Moyat, Thierry Hermès, travaillent la cuvette et le couvercle, tendent la toile et clouent les lattes, cirent les courroies et font briller le laiton, il est du meilleur goût de se faire faire une malle-cabine personnalisée selon son rang pour partir en voyage avec le strict nécessaire et tout le superflu qu’exigent quinze jours en transatlantique pour rejoindre New York ou plusieurs longues semaines pour ces îles lointaines qu’on dit peuplées de naïades accueillantes.

On se fait la malle à chaque fois qu’on s’en va vers l’ailleurs sans certitude absolue d’un retour. On se fait la malle avec le Normandie, le Queen Mary et le Titanic (même si ceux s’étant fait la malle avec ce dernier le feront de manière définitive pour nombre d’entre eux).

Dans la langue de ceux demeurés au bercail, se faire la malle va aussi désigner celui qui a pris la tangente sans armes ni bagages. Ainsi l’évadé des geôles se fait-il la malle et quelque vilain parti sans demander son reste est-il accusé de la même pirouette. Le baroud de tout escobar échappant à ses juges devient synonyme de ces anciens voyages au long cours vers d’exotiques contrées.

D’après motsurranés.fr

Publié le 1er mai 2026

/ / /