Ève Lomé

Journal extime

La cage à écureuil c’est l’école de la vie

La cage à écureuil c'est l'école de la vie

La cage à écureuil c’est l’école de la vie, avec ses pièges, ses chemins détournés, ses rencontres au détour d’une arête glissante, ses gamelles, ses montées et ses descentes, et ce moment où maman te rappelle parce qu’il est l’heure de rentrer et que même si-tu-t’amuses-super-bien-avec-tes-copains-c’est-non-parce-que-demain-il-y-a école…

Parfois dénommée cage à poules, probablement par des benêts louant les capacités des gallinacés à l’escalade, la cage à écureuil forma plus d’une génération grâce à ses allégoriques tubes ferreux, à tel point que jugeant ce degré d’habileté subversif, certains décidèrent d’y mettre fin.

Le décret n°94-699 du 10 août 1994 fixant les exigences de sécurité relatives aux équipements d’aires collectives de jeux envoya la cage à écureuil au rancart. Avec ses exigences de raccords devant pouvoir résister aux contraintes auxquels ils sont soumis lors de leur utilisation, avec ses matériaux employés devant avoir une durée de vie tenant compte de la spécificité des aires collectives de jeux, en particulier des processus de fatigue, de vieillissement, de corrosion et d’usure, avec ses angles et ouvertures au voisinage des zones dans lesquelles des mouvements incontrôlés du corps sont prévisibles ne devant pas présenter de risque d’accrochage ou de coincement des parties du corps ou des vêtements, ce texte ne pouvait que la rendre surannée.

D’après www.mots-surannes.fr

Publié le 5 mai 2026

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